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Nous vous donnons rendez-vous chaque mois pour parler du chanvre.
Oui, du chanvre. Et non, pas de manière ennuyeuse.

Avec Benoit Savourat, le chef du chanvre, nous explorons la vie de la plante, ses origines, ses usages, ses bienfaits, et tant d’autres choses.  Et parce qu’apprendre, c’est encore mieux quand on sourit, vous n’allez pas être déçu.

Sur cette page, on prend le temps d’aller plus loin que les vidéos publiées sur nos réseaux sociaux, on développe en détail les sujets abordés : explications claires, informations utiles, idées reçues démontées et éclairages concrets sur le chanvre et son potentiel.

Ici, pas de jargon inutile ni de discours moralisateur. Juste l’essentiel, bien expliqué, pour mieux comprendre pourquoi le chanvre mérite (vraiment) qu’on s’y intéresse.
Que vous soyez curieux, déjà convaincu ou simplement là pour apprendre quelque chose de nouveau, vous êtes au bon endroit.

Et puis surtout, parce que le chanvre, c’est bien !

LE CHANVRE : UNE PLANTE OUBLIEE QUI FAIT SON GRAND RETOUR

Benoît Savourat vous raconte le parcours fascinant du chanvre sur notre chaine Youtube « Le chanvre, c’est bien »

Une plante millénaire qui traverse les siècles et retrouve, à l’époque actuelle, une place importante dans de nombreux domaines.

Saviez-vous qu’en 1850, la France cultivait près de 175 000 hectares de chanvre ?
Et pas pour fumer ! Le chanvre était avant tout une plante industrielle essentielle, cultivée pour ses fibres robustes et polyvalentes. On l’utilisait pour fabriquer des textiles résistants, des cordages, des voiles de bateaux, du papier, mais aussi pour de nombreux usages agricoles et domestiques.

Originaire d’Europe centrale, le chanvre s’est rapidement diffusé vers la Chine, puis dans toute l’Europe occidentale. Il devient alors l’une des premières plantes domestiquées par l’homme, aux côtés du lin. Facile à cultiver, peu exigeant et très productif, il s’impose pendant des siècles comme une ressource stratégique pour les sociétés humaines.

Pour obtenir une fibre exploitable, le chanvre passe par une étape essentielle : le rouissage. Ce procédé naturel consiste à l’époque à laisser les tiges de chanvre se dégrader en les plongeant dans l’eau. Cette dégradation contrôlée permet de séparer les fibres de la partie ligneuse de la plante et d’éliminer les colles naturelles qui les maintiennent ensemble.

Une fois roui, le chanvre peut être transformé pour obtenir une fibre solide, souple et durable, adaptée aussi bien au textile qu’à la fabrication de cordes, de toiles ou, de nos jours, de matériaux techniques.

Cette plante bien installée était fièrement affichée dans les salles de classe sur la carte agricole.

À la fin des années 1930, l’apparition des fibres synthétiques, comme le nylon développé par DuPont de Nemours, bouleverse profondément les usages. Produites à grande échelle et à moindre coût, ces nouvelles fibres entraînent un fort déclin du chanvre. Après la Seconde Guerre mondiale, sa culture disparaît presque partout dans le monde… sauf en France, qui choisit de maintenir cette filière et de préserver un savoir-faire agricole et industriel unique.

Depuis les années 1970, le chanvre connaît un renouveau à l’échelle mondiale. Europe, Amérique du Nord, Asie : de plus en plus de pays redécouvrent les qualités de cette plante et relancent sa culture. Textile, construction, cosmétiques, alimentation, matériaux biosourcés… le chanvre séduit par sa polyvalence, sa durabilité et son faible impact environnemental, un véritable Come-Back.

Cette renaissance montre que le chanvre n’est pas seulement une plante du passé, mais un acteur clé pour un futur plus durable.

Et puis surtout, parce que le chanvre, c’est bien 🌿

POUR LES JO 2024, LE CHANVRE N'EST PAS MONTÉ SUR LE PODIUM... MAIS CELA EST PEUT-ÊTRE PARTIE REMISE !

Lors des Jeux Olympiques d’été de 2024 à Paris, une idée ambitieuse a été explorée : construire le village olympique en béton de chanvre. 🏗️ Le projet n’a finalement pas été retenu car le chanvre nécessite un savoir-faire spécifique : gestion du séchage, respect des normes, adaptation des méthodes constructives. Dans un projet d’une telle ampleur, avec des délais très serrés et des exigences de sécurité maximales, les décideurs ont privilégié des solutions parfaitement standardisées. Ce n’était pas un carton rouge pour le chanvre, plutôt un choix de prudence. ⏱️

Cependant, le chanvre mérite toute notre attention, car derrière cette plante se cache un matériau capable de concilier performance environnementale, confort et innovation. Autrement dit : un profil digne d’un champion. 🏃‍♂️

Le chanvre est une plante naturelle, renouvelable et particulièrement résistante. Dans la construction, on utilise la chènevotte, la partie centrale boisée et ligneuse de la tige. Mélangée à un liant à base de chaux et à de l’eau, on obtient du béton de chanvre. On mélange le tout en respectant des proportions adaptées à l’usage : mur, dalle, isolation de toiture. Le mélange doit rester léger et aéré pour conserver ses propriétés isolantes.

Petite précision importante : contrairement au béton classique, il ne s’agit pas d’un matériau porteur. Il ne remplace pas une structure en béton armé. Il vient en complément, généralement autour d’une ossature bois, pour assurer isolation et confort. Il ne soulève pas des haltères, mais il fait très bien son travail. 🧱 💪

Mais ce n’est pas tout, nous aurions pu offrir des équipements textiles, comme les vêtements des athlètes, des t-shirts, des survêtements ou des vêtements d’entraînement capables d’absorber l’humidité et de résister à l’usure, où les uniformes des bénévoles et du personnel, mais aussi des sacs et des serviettes. Et oui, le chanvre a beaucoup d’utilité ! C’est une fierté, de pouvoir offrir tant de possibilité dans autant de domaine.

Et puisqu’on parle de fierté locale, il ne faut pas oublier de citer une autre star de l’Aube 👏Le Coq Sportif, entreprise Auboise, était l’équipementier officiel de l’équipe de France pour Paris 2024. Tenues de représentation, d’entraînement, de compétition et même de podium : la marque a habillé les Français de la tête aux pieds, en mettant à l’honneur le savoir-faire textile français.

Les prochains Jeux auront lieu à Los Angeles en 2028. D’ici là, le secteur de la construction et du textile continue d’évoluer. Les matériaux biosourcés gagnent en reconnaissance, en certifications et en retours d’expérience. 🌍 En intégrant le chanvre, le village olympique pourrait devenir un exemple mondial de construction durable et respectueuse de la santé de ses occupants.

Et si, en 2028, il montait enfin sur le podium  ? 🏆 Après tout, le chanvre a déjà la fibre sportive.

Parce que le chanvre, c’est bien 🌿

LE CHANVRE : UNE CULTURE RENTABLE ET DURABLE POUR NOS AGRICULTEURS

Dans le monde agricole, deux mots reviennent constamment : rentabilité et stabilité. Les agriculteurs le savent bien : une bonne récolte ne suffit pas toujours à assurer des revenus réguliers. Les fluctuations du marché, les crises géopolitiques et les événements climatiques peuvent transformer une saison prometteuse en échec.

C’est particulièrement vrai pour des cultures comme les céréales, dont le prix peut varier considérablement d’une année sur l’autre en fonction du contexte géopolitique.

Le chanvre, lui, propose un modèle différent : un contrat long terme avec des prix minimums garantis.

💰Contrairement aux autres têtes d’assolement, dont le prix dépend souvent du marché mondial, le chanvre bénéficie souvent d’un prix garanti pour le producteur. Ce prix moyen permet d’assurer une rémunération juste et constante.

📈Au-delà de la rentabilité, la stabilité des prix garantis est un atout majeur. Les agriculteurs peuvent anticiper plus aisément leurs coûts, planifier leurs investissements et organiser leur exploitation.

Avec le chanvre, même en période de volatilité mondiale, le producteur sait que sa culture lui apportera une rémunération stable. Cette prévisibilité est essentielle pour les exploitations qui doivent concilier production, rentabilité et investissements durables.

Le chanvre présente plusieurs avantages pour les agriculteurs : 🌱

  • Pas de produits phytosanitaires : la plante est naturellement résistante aux maladies et ravageurs et a un bon pouvoir couvrant du sol
  • Pas d’arrosage nécessaire : la culture va puiser l’eau où elle est disponible grâce à son système racinaire
  • Croissance rapide : son cycle court (6 mois du semis à la récolte) permet de libérer les terres assez tôt pour assurer un semis de céréales à l’Automne dans de bonnes conditions pédoclimatiques

Ces points font du chanvre une culture pertinente, permettant de concentrer l’énergie sur la récolte et la valorisation du produit plutôt que sur les intrants.

En résumé, le chanvre représente une solution pertinente pour les agriculteurs qui souhaitent allier performance économique et gestion simplifiée de leur exploitation. Une culture qui combine sécurité financière, faible besoin en intrants et rendements intéressants. 💼

Et oui, parce que le chanvre, c’est bien 🌿

LE CHANVRE, UNE PLANTE UNIVERSELLE... DES PRATIQUES RADICALEMENT DIFFERENTES.

Le chanvre est en train de pousser partout dans le monde 🌍
Et ce n’est que le début.

Mais au fond, une vraie question se pose : demain, comment distinguer les différents chanvres ?

Car derrière ce mot, les réalités sont multiples.

Nous pouvons aborder le chanvre sous différents aspects : le chanvre molécule à des fins récréatifs ou thérapeutique ou le chanvre industriel.

Le chanvre industriel peut servir à produire du textile, des matériaux de construction, de l’alimentation. Selon l’usage visé, les méthodes de culture changent radicalement.

En France par exemple, le chanvre est souvent cultivé en agriculture de plein champ, avec aucun intrant, sans irrigation, dans une logique de rotation des cultures. Il est valorisé dans une approche durable : fibres, graines, isolation…

Contrairement à d’autres régions du monde où la production est orientée vers le CBD. Cela implique des variétés spécifiques, des cultures plus intensives, parfois sous serre, avec une attention particulière portée à la concentration en cannabinoïdes.

Résultat : on parle de “chanvre” dans les deux cas… mais on n’est pas du tout sur les mêmes pratiques, ni sur les mêmes produits.

Car tout dépend de COMMENT il est cultivé.

Mais vous allez nous dire, comment s’y retrouver ?

Et la réponse est : les labels et certificats ont un rôle clé à jouer

Car ils vont vous permettre de savoir :
👉 l’origine des semences
👉 les conditions de culture (plein champ vs serre, intrants, irrigation…)
👉 les méthodes de transformation
👉 et la traçabilité du produit final

Ce ne sont pas seulement un argument marketing, mais des véritables repères de confiance pour garantir la qualité du produit. Parce qu’à mesure que le marché grandit, le risque est simple : une standardisation vers le bas.

Le chanvre, c’est une opportunité incroyable. Nous devons lutter contre la confusion pour préserver sa valeur.

Le chanvre industriel bien cultivé, tracé et transparent… c’est ça qui fera toute la différence demain.

Parce que le chanvre, c’est bien.

LE CHANVRE : UNE MATIERE D'AVENIR QUI N'A PAS FINI DE NOUS SURPRENDRE

Le chanvre est aujourd’hui présente dans plusieurs secteurs : construction, textile, alimentation, biomatériaux, industrie… et la liste continue encore de s’allonger.

Pourtant, malgré toutes ses qualités, cette plante reste encore largement sous-exploitée. Et si le chanvre d’aujourd’hui ressemblait finalement au pétrole des années 30 ?

À l’époque, personne n’imaginait encore que le pétrole allait se retrouver absolument partout : dans les transports, les matériaux, les objets du quotidien… Bref, il était loin de se douter qu’un simple stylo ou une paire de lunettes pourraient un jour en contenir.

Pour le chanvre, nous sommes peut-être à un moment similaire : celui où les possibilités semblent immenses, mais où beaucoup reste encore à découvrir. 🚀

Car le chanvre coche déjà beaucoup de cases :

  • Une croissance rapide
  • Aucun pesticide, aucune irrigation
  • Une valorisation complète de la plante
  • Une capacité naturelle à capter du CO₂
  • Des fibres résistances, de la chènevotte absorbante et une graine très riche.

Pas mal pour une plante qu’on réduit encore parfois à quelques clichés… 😅

Le vrai enjeu maintenant, c’est la recherche 🔬

Car contrairement à d’autres ressources industrielles qui bénéficient de dizaines d’années de développement et d’investissements massifs, le chanvre reste encore relativement peu étudié. Beaucoup de propriétés restent à explorer, beaucoup d’applications restent à imaginer… et certaines n’existent peut-être même pas encore dans nos idées actuelles.

C’est justement tout l’intérêt du Pôle Européen du Chanvre : créer une dynamique collective capable d’imaginer les usages de demain 🤝

Chercheurs, entreprises, agriculteurs, étudiants, industriels, entrepreneurs… tout le monde peut participer à cette aventure. Parce que les grandes innovations naissent rarement seul dans un bureau avec un café froid à côté de l’ordinateur ☕💻

L’avenir du chanvre se construira grâce au partage des connaissances, aux expérimentations et à la collaboration entre les différents acteurs de la filière.

Il y a aussi un important travail pédagogique à mener 📚
Le chanvre souffre encore parfois d’idées reçues, alors qu’il s’agit avant tout d’une culture agricole aux applications concrètes et prometteuses. Expliquer, sensibiliser et rendre le sujet accessible fait pleinement partie du développement de la filière.

Nous sommes convaincus que le chanvre n’a pas encore révélé tout son potentiel.

Et si les innovations de demain naissaient finalement… d’une plante cultivée depuis des siècles ? 🌱✨

Et oui parce que, le chanvre c’est bien !

CONSTRUIRE EN CHANVRE : PLUS CHER AUJOURD'HUI, PLUS RENTABLE DEMAIN ?

Quand on parle du chanvre dans la construction, les premières idées qui viennent en tête sont souvent l’écologie, l’innovation, les matériaux naturels et surtout le coût.

Car au moment de construire ou de rénover, le vrai sujet reste souvent le même : combien cela coûte aujourd’hui… et combien cela coûtera demain ?
Le chanvre est particulièrement intéressant parce qu’il nous pousse à réfléchir différemment. Non pas uniquement en termes de coût immédiat, mais en termes d’investissement.

🌱 À l’origine, le chanvre n’était pas destiné au bâtiment.
Pendant des décennies, il a été principalement cultivé pour ses fibres textiles, utilisées dans de nombreux secteurs. Rien ne le prédestinait à devenir un matériau de construction.
C’est à la fin des années 80 qu’une véritable innovation a vu le jour : utiliser les propriétés naturelles du chanvre pour améliorer la performance des bâtiments.
Cette évolution a permis de repenser la construction avec une approche plus durable, plus performante et plus adaptée aux enjeux énergétiques actuels.

💸 Soyons transparents : construire avec du chanvre représente un coût initial plus important, en moyenne, ce surcoût est estimé entre 5 et 10 % par rapport à une construction plus conventionnelle. Vu sous cet angle, beaucoup peuvent penser que le chanvre est simplement plus cher.
Mais ce raisonnement oublie un élément essentiel : un bâtiment ne se juge pas uniquement à son coût de construction, il se juge également à son coût d’utilisation les décennies suivantes.

📉 C’est ici que le chanvre change complètement la logique, grâce à ses excellentes performances thermiques, il permet de mieux conserver la chaleur en hiver tout en maintenant un confort agréable en été. Sa capacité à réguler naturellement l’humidité contribue également à améliorer le confort intérieur.

Selon une étude du CEREMA (référent public en aménagement, relevant des ministres de l’Aménagement du territoire et de la Transition Écologique), l’utilisation du chanvre dans la construction peut permettre jusqu’à 30 % d’économies d’énergie. 📊

Concrètement, cela signifie :

  • ✅moins de déperditions thermiques
  • ✅ moins de chauffage
  • ✅ moins de climatisation
  • ✅ moins de dépenses énergétiques

Ce sont des économies qui se ressentent année après année.

Au-delà des chiffres, les résultats sont concrets. 🔥
Certaines maisons construites avec des matériaux à base de chanvre affichent des performances remarquables, avec une consommation de chauffage pouvant descendre jusqu’à 1 stère de bois par an.

Cela illustre parfaitement la réalité du chanvre dans la construction : un investissement légèrement plus élevé au départ, mais des coûts d’usage largement optimisés sur le long terme.

Parce que le chanvre, c’est bien.

POURQUOI LA CHINE EST-ELLE UN ACTEUR INCONTOURNABLE DU CHANVRE MONDIAL ?

Quand on parle du marché mondial du chanvre, la Chine revient systématiquement dans la conversation.

Et ce n’est pas un hasard. Entre son histoire avec cette culture, sa puissance industrielle et son avance dans le textile, elle occupe aujourd’hui une place centrale dans la filière.

La Chine fait partie des plus anciens producteurs de chanvre au monde. Depuis des millénaires, cette plante y est utilisée pour de nombreux usages : textile, papier, cordages ou encore applications industrielles. 🌏

Cet héritage lui a permis de développer un savoir-faire solide, aussi bien sur le plan agricole qu’industriel.

Le chanvre possède de nombreux atouts agronomiques : croissance rapide, bonne adaptation climatique et usages variés.

La Chine affiche d’ailleurs une volonté de développer cette culture davantage. Certains objectifs évoquent même plus d’un million d’hectares cultivés d’ici 2040.

Mais en réalité, cet objectif paraît difficile à atteindre.

Pourquoi ? Parce que la priorité agricole du pays reste avant tout l’alimentation. Nourrir sa population demeure stratégique, et les cultures alimentaires passent logiquement avant les cultures industrielles.

L’un des grands points forts de la Chine reste la transformation textile. 🪡

Le pays dispose d’une avance industrielle importante dans le travail de la fibre de chanvre, notamment grâce à des procédés permettant d’obtenir des textiles plus souples et plus fins.

Cette expertise explique en grande partie son poids sur le marché mondial.

Fait intéressant : certains acteurs chinois s’approvisionnent aussi en chanvre en Europe.

Cela montre une chose : même le leader mondial continue de chercher des matières premières de qualité à l’international.

Le véritable enjeu pour les autres acteurs du marché n’est donc pas de copier le modèle chinois, mais de savoir se différencier.

Qualité, innovation et durabilité seront des leviers clés pour construire l’avenir de la filière chanvre.

Et oui parce que, le chanvre c’est bien 🌿

LE CHANVRE : UNE PLANTE D'AVENIR ENCORE TROP MAL COMPRISE

Quand on parle de chanvre, une confusion revient presque systématiquement : celle entre chanvre et cannabis récréatif.

Cette association est encore très ancrée dans les esprits et constitue aujourd’hui l’un des principaux freins au développement de la filière. Pourtant, réduire le chanvre à cette image serait passer à côté d’une plante aux usages multiples et au potentiel immense.

Le chanvre est d’ailleurs l’une des plus anciennes plantes cultivées par l’humanité. Utilisé depuis des siècles pour fabriquer des cordages, des textiles ou du papier, il revient aujourd’hui au cœur des enjeux environnementaux, industriels et économiques.

Mais alors, quelle est la différence réelle entre le chanvre et le cannabis ?

Oui, botaniquement, le chanvre appartient à la famille du cannabis. C’est un fait scientifique.

Mais il est essentiel de distinguer le chanvre industriel, cultivé pour ses fibres, ses graines ou sa chènevotte, du cannabis cultivé pour ses propriétés psychoactives.

Le chanvre industriel autorisé en France contient 0,3% (conformément à la réglementation européenne), la molécule responsable des effets psychotropes. Son objectif n’est pas récréatif : il est cultivé pour ses applications industrielles et techniques.

Malgré cela, l’amalgame persiste. Et cet amalgame freine encore la compréhension, l’adoption et, parfois même, la commercialisation de produits à base de chanvre.

Le chanvre fascine autant par son histoire que par sa polyvalence, aujourd’hui, ses applications touchent des secteurs très variés :

  • Le textile : suscite un intérêt croissant pour sa résistance, sa durabilité
  • La construction : béton de chanvre, isolants biosourcés, enduits
  • La papeterie : papier technique, emballages, papier à rouler
  • L’alimentation : huile, graines décortiquées, pâte à tartiner, …
  • Les bioplastiques : dans les véhicules 
  • Les cosmétiques : crème, baume, …

Peu de plantes peuvent en dire autant, et ce n’est pas un hasard.

Le vrai défi : changer les mentalités

Faire évoluer les regards demande du temps, mais aussi de la pédagogie, de l’information claire et parfois un véritable déclic.

Le chanvre n’a pas besoin d’être “réinventé”. Il a surtout besoin d’être mieux compris.

Car derrière les idées reçues, se cache une ressource naturelle, locale, polyvalente et porteuse d’avenir.

Et plus nous en parlerons, plus il sera possible de dépasser les clichés.

Parce que le chanvre, c’est bien.